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Itinéraire 6 · à pied

Cannaregio : Strada Nova, Ca' d'Oro et les Scalzi

Un parcours à pied avec 80 étapes, de Place Saint-Marc à Église du Nom-de-Jésus à Santa Chiara.

Les étapes

  1. Place Saint-Marc

    C’est le seul espace de Venise appelé « Piazza » — tous les autres sont des campi, des places — parce qu’elle voulait être unique jusque dans son nom. Trapézoïdale, longue de cent soixante-quinze mètres, elle est fermée sur trois côtés par les portiques des Procuratie, qui abritaient par obligation les demeures des procureurs, la plus haute magistrature de la République après le doge.

  2. Merceria dell'Orologio

    Le dernier tronçon de la Marzaria — l’axe commercial qui relie le Rialto à Saint-Marc — est la Merceria dell’Orologio.

  3. La Tour de l'Horloge de Venise

    En 1493, le Sénat de la Sérénissime a décidé que Venise méritait une nouvelle horloge : l’ancienne, dans une niche de la basilique, n’avait même pas de cadran et on entendait les heures seulement à l’oreille, aux coups de cloche.

  4. Merceria San Zulian

    La Merceria di San Giuliano — Marzaria San Zulian — est le tronçon central entre le Campo San Zulian et le Ponte dei Bareteri : une longue ligne droite sans calle (ruelle) latérales, bordée sans interruption de vitrines.

  5. Casino Venier

    Au numéro 4939 des Mercerie, derrière le Ponte dei Baretteri, une petite porte anonyme au-dessus du Sotoportico delle Acque (un passage couvert) cache l’un des joyaux les mieux conservés de la Venise du XVIIIe siècle : le Casino Venier, le ridotto — le salon privé — du procurateur Federico Venier, confié à son épouse Elena Priuli, une noble cultivée et raffinée.

  6. Mercerie de Venise

    Les Mercerie — la « Marzaria » des Vénitiens — sont la rue la plus animée et la plus typique de la ville.

  7. Marzarieta 2 Aprile

    Entre Campo San Bartolomeo et Campo San Salvador s’écoule le premier tronçon des Mercerie, qu’aujourd’hui les nizioleti appellent Marzarieta 2 Aprile et qui, comme la proche Calle Larga XXII Marzo, porte une date à la place d’un saint : le 2 avril 1849, le jour où Daniele Manin a fait crier à la ville assiégée la « résistance à tout prix » contre les Autrichiens.

  8. Campo San Bartolomeo

    C’est le cœur commercial de Venise, le point où se croisent toutes les rues qui comptent : les Mercerie vers San Marco, le Pont du Rialto, le Fondaco dei Tedeschi, la Strada Nova.

  9. Ponte dell'Olio

    Le Ponte de l’Olio enjambe le rio del Fontego dei Tedeschi en reliant la salizada San Giovanni Grisostomo à la salizada del Fontego, à la frontière entre San Marco et Cannaregio.

  10. L'église de San Giovanni Crisostomo

    À quelques pas du Rialto, sur le petit campo (la place) qui s’ouvre entre la Strada Nova et San Bortolomio, San Giovanni Crisostomo est un joyau compact de la Renaissance vénitienne : née en 1080 comme Santa Cecilia et détruite dans le grand incendie de 1475 — le même qui a brûlé la maison des Polo dans la proche Corte del Milion —, elle a été refaite à partir de 1495 sur un projet de Mauro Codussi — son dernier ouvrage, achevé par son fils Domenico vers 1525 —, et le nouveau titre lui est venu d’une rare relique de Jean Chrysostome, le patriarche de Constantinople dit « bouche d’or » pour son éloquence, arrivée d’Orient dans la lagune.

  11. Ponte San Giovanni Crisostomo

    Un pont de pierre aux larges marches et au parapet de fer, sur le rio di San Giovanni Crisostomo, entre le campo du même nom et un campiello dédié à Flaminio Corner — l’historien du XVIIIe siècle des églises vénitiennes, auteur des monumentales Ecclesiae Venetae.

  12. Campiello Flaminio Corner

    Une placette de Cannaregio qui n’est pas née d’un campo ancien : le Campiello Flaminio Corner a été ouvert en 1863 en démolissant un îlot de maisons, dans le chantier long d’un demi-siècle qui a creusé la Strada Nova, la voie directe qui relie aujourd’hui la gare au Rialto.

  13. Calle Dolfin

    Un nom de famille devenu une adresse : la Calle Dolfin relie le Campo dei Santi Apostoli au dédale de sotoporteghi (les passages couverts) vers San Giovanni Crisostomo — ceux del Magazen et del Falier, des noms qu’on utilise encore — et elle prend son nom des Dolfin, l’une des plus anciennes familles du patriciat, qui avaient ici leur maison.

  14. Campiello Riccardo Selvatico

    Un exutoire de la Strada Nova, entre San Bortolomio et les Santi Apostoli : quelques maisons, une poignée de numéros, les tables des enseignes de street food et un nom que presque personne ne sait déchiffrer.

  15. Palazzo Falier

    Sur le rio dei Santi Apostoli, au-dessus du sottoportico qui en suit la rive, s’élève l’une des maisons les plus anciennes de Venise : Palazzo Falier, élevé sous une forme primitive dès le XIe siècle et reconstruit en 1105 après un incendie.

  16. Campo Santi Apostoli

    Le vaste campo (place vénitienne) marque le début de la Strada Nova, cette longue artère tracée au XIXe siècle à travers Cannaregio.

  17. Église dei Santi Apostoli

    Au début de la Strada Nova, sur un campo (une place) des plus vivants et des plus fréquentés de Venise, s’élève une église parmi les plus anciennes de la ville.

  18. Strada Nova

    À Venise il existe une anomalie : une rue large de dix mètres, presque droite, bondée à toute heure, qui traverse Cannaregio de la gare de Santa Lucia jusqu’au Rialto.

  19. Chiesa dell'Angelo Custode

    Au début de Strada Nova, sur Campo Santi Apostoli, la sobre façade en pierre d’Istrie de la Scuola dell’Angelo Custode cache une double histoire : la confrérie du Suffrage de l’Ange, née en 1577, a obtenu le terrain sur le rio et en 1713 s’est fait élever le siège sur le projet d’Andrea Tirali ; deux siècles plus tard, l’édifice a été acheté par les marchands du proche Fondaco dei Tedeschi et depuis le 27 mai 1813 il abrite l’église évangélique luthérienne de Venise, la plus ancienne communauté protestante d’Italie.

  20. Palazzo Michiel dalle Colonne

    Sur le Grand Canal, face à la Pescheria de Rialto, Palazzo Michiel dalle Colonne garde huit siècles d’histoire vénitienne : né au XIIIe siècle comme demeure vénéto-byzantine des Grimani, il conserve le portique du XIVe siècle qui lui a donné son nom, tandis que la façade baroque aux serliennes et aux bustes de pierre est l’œuvre d’Antonio Gaspari, achevée en 1697 pour les Zen. Il a abrité le dernier duc de Mantoue en exil et des souverains de passage ; dans ses salles on admirait une pinacothèque célébrissime — du Bonifazio au Parmigianino, de Gherardo dalle Notti au Schiavone —, une magnifique table de mosaïque florentin incrustée de pierres dures et de nacre et même l’armoire aux parements du bienheureux Gregorio Barbarigo.

  21. Campo Santa Sofia

    Le Campo Santa Sofia est l’un des très rares campi (places) de Venise qui donnent directement sur le Grand Canal : une rive ouverte sur l’eau juste en face du marché du Rialto, là où l’animée Strada Nova rejoint le canal.

  22. Palazzo Sagredo

    En face de Ca’ d’Oro, à la hauteur de Campo Santa Sofia, Palazzo Sagredo — aujourd’hui Ca’ Sagredo, autrefois des Morosini et acheté par les Sagredo au début du XVIe siècle : la maison qui a donné à la République aussi un doge, Nicolò — conserve sur le Grand Canal l’une des plus riches façades gothiques survivantes : fin du XIVe siècle, avec un vaste fenestrage central et des traces d’une construction vénéto-byzantine encore plus ancienne du XIIIe siècle.

  23. La petite église de Santa Sofia

    Encastrée et presque entièrement engloutie par les maisons le long de la Strada Nova, la petite église de Santa Sofia est l’une des plus anciennes de Venise : la famille Gussoni et Giorgio Tribuno l’ont voulue — selon les vieilles chroniques, elle existait déjà en 886 — et un document la mentionne en 1020.

  24. Ca' d'Oro et Galerie Giorgio Franchetti

    Sur le Grand Canal, la Ca’ d’Oro ressemble à une dentelle de pierre.

  25. Ponte Nuovo di San Felice

    Un pont de pierre et de briques sur le rio di San Felice, entre Capo San Felice, la tête du quartier paroissial, et Strada Nova — et il est vraiment « nouveau » : il a été érigé en 1872, quand a été tracée la Via Vittorio Emanuele, l’actuelle Strada Nova.

  26. Ponte Nicolò Pasqualigo

    Le Ponte Nicolò Pasqualigo, en pierre avec des bandes de fer à volutes, enjambe le rio de Noal à Santa Fosca : l’eau descend du Grand Canal entre le Palazzetto Da Lezze et le Palazzo Gussoni Grimani, passe sous les travées et longe la Fondamenta de la Stua jusqu’à la rive monumentale du Palazzo Donà Giovanelli, dans un tronçon de Cannaregio encore tout en façades patriciennes sur l’eau.

  27. Palazzo Donà Giovannelli

    À la croisée de deux canaux en Cannaregio, le rio di Noale et le rio di Santa Fosca, s’élève l’un des plus grands palais gothiques tardifs de Venise : construit à la fin du XVe siècle — et jugé si semblable au Palais des Doges qu’on l’a attribué au même architecte, peut-être le Calendario, peut-être le Basegio —, il a été offert en 1538 au duc d’Urbino, puis il est passé aux Donà et, pour dettes, aux Giovannelli.

  28. Pharmacie Ponci

    Sur la Strada Nova, vers Santa Fosca, une devanture abrite le plus ancien intérieur de pharmacie resté à Venise : l’officine de l’Hercule d’Or, ouverte dès le XVIIe siècle et célèbre dans toute la ville pour ses Pilules de Santa Fosca, dites « del Piovan », restées en vente pendant presque trois siècles.

  29. Campiello della Chiesa

    Derrière l’abside de l’église de Santa Fosca — sous laquelle coule, en arrivant du Grand Canal, le rio del Santissimo — se cache un campiello — une toute petite place — que le nom raconte tout seul : le Campiello della Chiesa.

  30. Palazzo Vendramin (Santa Fosca)

    Depuis le Campiello della Chiesa di Santa Fosca (une petite place), en regardant au-delà du rio (canal vénitien), on aperçoit la façade du Palazzo Vendramin : briques et pierre apparentes, une architecture de la Renaissance entre le XVe et le XVIe siècle, et un beau portail central qui se reflète dans l’eau.

  31. Palazzo Correr

    Aux numéros 2214-2217 de Strada Nova, là où la grande artère piétonne croise l’axe menant au Campo Santa Fosca, ce palais des Correr se découvre en deux temps.

  32. Église de Santa Fosca

    C’est l’une des plus anciennes églises de Venise.

  33. Monumento a Fra Paolo Sarpi

    Au cœur de la Strada Nova, le Campo Santa Fosca est un carrefour où la Venise d’aujourd’hui rencontre celle des légendes.

  34. Ponte di Santa Fosca

    Le Ponte di Santa Fosca enjambe le rio du même nom (canal vénitien) à Cannaregio, entre la fondamenta Diedo (quai vénitien) et le campo (place vénitienne) de l’église, dans le prolongement de Strada Nova.

  35. Palazzo Diedo

    Sur la Fondamenta Diedo, à deux pas du Ponte di Santa Fosca où autrefois se livraient les guerres de poings entre les factions de Venise, le Palazzo Diedo est une élégante construction classicisante du début du XVIIIe siècle, attribuée à Andrea Tirali.

  36. Fondamenta Daniele Canal

    Une fondamenta tranquille le long du rio dei Servi, avec un parapet de fer sur des piliers de pierre et trois rives : elle doit son nom non pas à un doge ni à un amiral, mais à un prêtre — monsignor Daniele Canal, qui sur l’île de la grande église détruite des Servi di Maria a construit l’un des instituts de charité les plus originaux du XIXe siècle vénitien.

  37. Rovine dei Servi

    Le long de la Fondamenta Daniele Canal, quai qui longe un canal, des fragments gothiques émergent au bord du rio dei Servi, canal vénitien : arcs, portails et pans de murs de la grande église Santa Maria dei Servi.

  38. Fondamenta Grimani

    Quelques pas d’eau et de pierre, mais un nom qui pèse : cette fondamenta sur le rio del Grimani, entre le Ponte Diedo et le Ponte Moro, est l’unique mémoire toponymique d’un palais qui n’existe plus — la maison des Grimani dai Servi, à la façade peinte par Giorgione, détruite au XIXe siècle.

  39. Ponte Moro

    Le Ponte Moro enjambe le riello dei Servi près du campo San Marziale, à Cannaregio, à deux pas du Palazzo Diedo.

  40. Église de San Marziale

    Dans le paisible campo de San Marziale (un campo, c’est une place), le long de la fondamenta della Misericordia à Cannaregio, donne une église très ancienne au profil modeste : fondée selon la tradition sur un terrain déjà occupé par un squero (un chantier de gondoles) — l’Iconografia del Paganuzzi la date même de 983, aux frais des Bocchi — et refaite par la même famille en 1133, quand elle est devenue paroissiale, c’était une basilique à trois nefs comme la montre la carte de De Barbari.

  41. Ponte Zancani

    Le Ponte Zancani, en pierre avec des bandes de briques, enjambe le rio del Trapolin entre Calle Zancani et Campo San Marziale, à Cannaregio, dans un labyrinthe de calli étroites entre Strada Nova et la Fondamenta della Misericordia.

  42. Campo della Maddalena

    Arrêtez-vous sur le Campo della Maddalena et regardez comme le paysage de la ville change à quelques pas de la Strada Nova.

  43. Chiesa della Maddalena

    Un cercle parfait planté au milieu de Cannaregio : la Maddalena est la seule église vénitienne à plan circulaire avec San Simeon Piccolo — et ce n’est pas un hasard, car son architecte Tommaso Temanza était neveu et élève du Scalfarotto qui a dessiné l’autre.

  44. Portail du Palazzo Magno

    Au fond du Campo della Maddalena, l’un des plus caractéristiques de Cannaregio, s’ouvre un portail en arc brisé qui est tout ce que l’on voit d’ici du Palazzo Magno, demeure du XVe siècle de l’une des familles les plus anciennes du patriciat vénitien : les Magno se disaient venus d’Oderzo dès 598 — ou en 905 —, ont donné des tribuns, un évêque d’Equilio en 1306 et le chroniqueur Stefano Magno, qui a réuni dans cette maison un musée célèbre, avec le codex de Fra Giocondo et une série de médailles des anciens empereurs — selon certains, ce sont les Magno qui ont fait construire en 912 l’église San Vito, et la lignée ne s’est éteinte qu’en 1852.

  45. Rio Terrà della Maddalena

    Vous marchez sur l’une des artères les plus fréquentées de Cannaregio, entre boutiques et rumeurs du marché.

  46. Palazzo Donà dalle Rose

    Sur la Rio Terrà della Maddalena — peut-être la première rue vénitienne née du comblement d’un canal, dès 1398 — s’élève au numéro 2343 le Palazzo Donà dalle Rose du XVIIe siècle, demeure d’une branche de la famille patricienne qui donna à la Sérénissime (la République de Venise) trois doges — Francesco, Leonardo et Nicolò, tous en un siècle, entre 1545 et 1618.

  47. Palazzo Contin

    Sur le Rio Terà della Maddalena (un canal comblé devenu une rue), au cœur ouvrier de Cannaregio, le Palazzo Contin est un grand palais gothique tardif du XVe siècle.

  48. Corte del Volto Santo

    Le long du Rio Terà della Maddalena, un peu avant le campo, une arche avec un petit relief en pierre ouvre la Corte del Volto Santo : l’une de ces cours où une communauté entière a laissé sa signature.

  49. Palazzo Loredan-Vendramin-Calergi

    Sur la rive droite du Grand Canal, le Palazzo Loredan-Vendramin-Calergi est l’épilogue triomphal de la Renaissance vénitienne : commandé par Andrea Loredan à Mauro Codussi et achevé en 1509 par l’atelier des Lombardo, avec la façade entièrement revêtue de pierre et les fenêtres à meneaux divisées par des colonnes.

  50. Campiello dell'Anconetta

    Vous voici dans le Campiello dell’Anconeta, une petite place qui s’ouvre à l’improviste dans le tissu commercial dense de la Strada Nuova, la grande artère qui va de la gare Santa Lucia vers Rialto.

  51. Rio Terrà San Leonardo

    La rue la plus animée et la plus commerçante de Cannaregio — étals, marchands de fruits, marché aux poissons — recouvre en réalité un canal.

  52. Ex Chiesa di San Leonardo

    Sur le vivant Rio Terrà San Leonardo, artère populaire de Cannaregio, on rencontre la façade sobre de l’ancienne église San Leonardo : l’une des paroisses les plus anciennes de la ville, déjà citée en 1089 et fondée selon la tradition en 1025.

  53. Ponte delle Guglie

    Le Ponte delle Guglie, le « Ponte di Cannaregio » des Vénitiens, enjambe le canal de Cannaregio — le plus large des canaux qui relient le Grand Canal à la lagune, jadis une étendue de roselières qui a donné son nom à tout le sestiere, le quartier — et c’est le premier pont historique que rencontre celui qui arrive de la gare vers la Strada Nova et le Rialto.

  54. Canale di Cannaregio

    Après le Grand Canal, le Canale di Cannaregio est la voie d’eau la plus large et la plus importante de Venise.

  55. Fondamenta di Cannaregio

    La fondamenta (quai) qui a donné son nom au quartier — ou, plus exactement, qui le tient du sestiere (district) — longe le Canale di Cannaregio, la « deuxième » voie d’eau de la ville, depuis le Ponte delle Guglie jusqu’au Ghetto.

  56. Palazzo Nani

    Au numéro 1105 de la Fondamenta di Cannaregio, un peu après le Ponte delle Guglie, Palazzo Nani est une demeure du XVIe siècle remaniée dans les années 1580 sur un projet d’Alessandro Vittoria, auteur de la célèbre décoration en stucs du portego (le grand salon central).

  57. Palazzo Surian Bellotto

    C’est l’une des façades les plus grandioses du canal de Cannaregio : quatre étages tout en pierre vive qui dominent les petits palais voisins, aux numéros 967-975 de la fondamenta.

  58. Palazzotto dei Valier

    Un peu après le Ponte dei Tre Archi, aux numéros 928-938 de la Fondamenta di Cannaregio (le quai de Cannaregio), une construction basse à l’architecture sobre du XVIe siècle est tout ce qui reste du pittoresque Palazzotto dei Valier.

  59. Palazzo Roma

    Au numéro 923 de la Fondamenta di Cannaregio (le quai), à quelques pas du Ponte dei Tre Archi, l’unique pont de Venise à trois arches, le front simple de Palazzo Roma donne sur le canal : une construction Renaissance du XVIe siècle, insérée dans le front continu de maisons qui court le long du canal le plus large du sestiere (le quartier).

  60. Église de Santa Maria delle Penitenti

    À l’extrémité de la fondamenta de Cannaregio, face à San Giobbe, l’église de Santa Maria delle Penitenti est restée comme elle était quand l’argent est venu à manquer : nue, élégante quand même, œuvre de Giorgio Massari.

  61. Ponte dei Tre Archi

    Au cœur de Cannaregio, là où le canal du même nom s’élargit vers la lagune, le Ponte dei Tre Archi met en scène une forme qui était courante à Venise et qui ne survit aujourd’hui qu’ici : trois arches — deux petites sur les côtés et une grande au centre — en briques et pierre d’Istrie, et quinze blasons des Provveditori de Comun gravés au-dessus des arches mineures.

  62. Ponte de la Saponela

    Le Ponte de la Saponela enjambe le rio di San Giobbe au cœur de la fondamenta du même nom, à un pas du Ponte dei Tre Archi d’Andrea Tirali (1688).

  63. Fondamenta San Giobbe

    La rive qui longe le Canale di Cannaregio sur son dernier tronçon, vers la lagune ouverte, porte le nom de l’église voisine.

  64. Campo San Giobbe

    Campo San Giobbe est un coin tranquille à l’extrême nord de Cannaregio, à deux pas du Ponte Tre Archi et de la lagune ouverte.

  65. Chiesa di San Giobbe

    À l’extrémité occidentale de Cannaregio, sur le campo que les Vénitiens appellent Sant’Agiopo, l’église de San Giobbe compte parmi les grands monuments de la Renaissance vénitienne.

  66. Palazzo Testa

    Sur la Fondamenta San Giobbe — le quai qui longe le canal —, là où le canal de Cannaregio s’élargit vers le nord, ce petit palais aux arcs en ogive du XVe siècle est un bijou en miniature : deux étages seulement avec une mezzanine, mais un étage noble serré d’ouvertures trilobées enfermées dans des encadrements carrés de marbre, et au centre une baie quadruple avec balcon qui est un petit traité de sculpture vénitienne — consoles à protomes de lion, balustrade à colonnettes, deux marzocchi sur les arêtes et trois pommes de pin sur les jambages, tandis que quatre gouttières ornées de petites têtes de femme saillent sous les appuis de fenêtre de la mezzanine.

  67. Palazzo Savorgnan

    Arrêtez-vous sur la rive du canal de Cannaregio : la grande masse blanche qui se mire dans l’eau, à côté du palais Venier Manfrin, plus intime, est le palais Savorgnan — l’un des palais les plus vastes du sestiere.

  68. Palazzo Venier

    Sur la Fondamenta Venier, à gauche de la colossale masse de Palazzo Savorgnan, s’allonge une façade de pierre d’Istrie si nette et carrée qu’elle semble presque moderne : c’est Palazzo Venier-Manfrin, autrefois des Priuli, reconstruit entre 1734 et 1737 sur projet d’Andrea Tirali.

  69. Palazzo Labia

    À l’embouchure du canal de Cannaregio, à côté de l’église de San Geremia, la colossale masse baroque du Palazzo Labia — le dernier des grands palais construits à Venise — est le sommet de l’ostentation du XVIIIe siècle : la demeure qu’une famille catalane de très riches marchands — citoyens émérites depuis deux siècles, admis au patriciat en 1646 moyennant 300 000 ducats offerts pour la guerre de Candie — a construite pour prouver qu’elle était arrivée.

  70. Campo San Geremia

    Le premier campo (la première place) que rencontre qui arrive à Venise par la gare — et l’un des plus surprenants, car à Cannaregio les grandes choses se mêlent au quotidien sans cérémonie.

  71. Église de San Geremia

    À la confluence du canal de Cannaregio et du Grand Canal, San Geremia est aujourd’hui le sanctuaire de Sainte-Lucie : dans la chapelle absidale — démontée pièce par pièce de l’église palladienne démolie en 1861 pour faire place à la gare — repose la martyre de Syracuse, arrivée à Venise avec le butin de la quatrième croisade.

  72. Lista di Spagna

    Pour des millions de visiteurs, c’est le premier visage de Venise : une longue rue animée qui part du Campo San Geremia (place vénitienne) et mène au Ponte degli Scalzi, entre boutiques, hôtels et vitrines.

  73. Portale di Palazzo Morosini dalla Tressa

    Sur la Lista di Spagna, au numéro 233, un portail gothique du XVe siècle survit au palais qu’il gardait : c’était l’entrée secondaire du fameux Palazzo Morosini « dalla Tressa », dont la vraie façade — entièrement peinte à fresque par le Pordenone — donnait sur le Grand Canal, derrière une cour fermée d’une muraille que le Martinioni citait parmi les palais les plus remarquables de la ville.

  74. Palais Zeno (Istituto Manin)

    Au numéro 168 du Rio Terà Lista di Spagna — un rio terà est un canal comblé, devenu une rue — s’ouvre le grand portail du palais Zeno, aujourd’hui siège de l’Istituto Manin.

  75. Palazzetto Lezze

    Parmi les vitrines et les boutiques de la Lista di Spagna, au numéro 134, résiste un petit palais gothique du XVe siècle : c’est le Palazzetto Lezze, avec ses arcs brisés et l’élégant blason surmonté d’un cimier.

  76. Palazzo Calbo Crotta

    À l’entrée de la Lista di Spagna, contre le Ponte degli Scalzi, s’étend l’un des palais les plus longs du Grand Canal : construit par les Soranzo aux XIVe-XVe siècles, agrandi et remanié jusqu’au XVIIe siècle, il porte une façade divisée en deux âmes — gothique à gauche, Renaissance à droite.

  77. Église des Scalzi

    À côté de la gare et du pont sur le Grand Canal s’élève l’une des églises baroques les plus fastueuses de Venise : Santa Maria di Nazareth, dite des Scalzi, du nom des frères Carmes déchaussés qui l’ont voulue.

  78. Ponte degli Scalzi

    Le pont des Scalzi est le premier pont de Venise pour presque tous ceux qui arrivent en train : on sort de la gare Santa Lucia, on descend l’escalier, et cette unique arche blanche de pierre d’Istrie est la porte sur le Grand Canal vers la moitié « basse » de la ville.

  79. Église de San Felice

    À cheval sur la Strada Nova, entre le campo (la place) et le rio (le petit canal) du même nom, San Felice est l’une des églises les plus anciennes de Cannaregio : voulue vers 960 par la famille Gallina — maison très ancienne et riche, éteinte depuis des siècles — et dédiée à saint Félix, prêtre de Nola, elle a été entièrement reconstruite à partir de 1531 dans des formes codussiennes à croix grecque et reconsacrée en 1624 par le patriarche Tiepolo, avec deux façades et un portail voulu par Girolamo Priuli « dalle Porte ».

  80. Église du Nom-de-Jésus à Santa Chiara

    À deux pas de Piazzale Roma, protégée par un haut mur d’enceinte, voici l’une des très rares églises vénitiennes construites au XIXe siècle : un petit temple néoclassique érigé entre 1815 et 1834 sur un projet de Giannantonio Selva, l’architecte de la Fenice, et achevé par son élève Antonio Diedo : la consécration solennelle est arrivée le 12 octobre 1834, après vingt-quatre ans de chantier.

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